PASSAGE DE GUÉ
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Considéré comme un cas à part en tout terrain, un gué ne doit pas pour autant être considéré comme un obstacle infranchissable . Mais il faut bien garder à lesprit que les véhicules ne sont pas vraiment faits pour cet exercice.
Soyons concrets : Leau sinfiltre partout dans les organes mécaniques et souille lhuile (les joints empêchent lhuile de sortir mais nempêchent pas leau de rentrer !); le sable et la boue pénètrent les freins ; les garnitures intérieures sont abîmées et tâchées lorsque leau parvient jusquà lhabitacle. Et surtout, leau est froide alors que la mécanique est chaude. La réaction thermique engendrée peut savérer destructrice. En clair, les 4x4 naiment pas les gués.
Pas de panique. Nous avons dit en début darticle que le gué nest pas un obstacle infranchissable. Cest vrai et il faut prendre en compte quelques éléments afin dapprécier le franchissement.
Première règle : Il faut toujours sassurer au préalable de la profondeur du gué. Comment ??
En effectuant une reconnaissance à laide dun bâton ou à pied.
Un gué peu profond, dune trentaine de centimètres maxi, ne pose pas de problème particulier. Leau ne monte généralement pas plus haut que les moyeux de roues. Dans ce cas, le danger nest plus la profondeur du gué mais son fond.
Les courants dune rivière, les conditions climatiques (orages, fontes des neiges) peuvent en modifier son lit. Le fond peut ainsi être vaseux, dissimuler des gros trous ou de grosses pierres. Il est indispensable de faire une reconnaissance approfondie du gué sous peine de plantage
Un gué plus profond , de trente à soixante centimètres est bien plus difficile.
Dans ce cas une deuxième règle simpose : Sassurer que le pont avant (ou arrière) est bien enclenché. Autrement dit sassurer que le véhicule est bien en quatre roues motrices (pour les 4x4 non permanents) . En effet, si le courant est relativement important, le flottement du véhicule peut se produire en milieu de gué (le courant est toujours plus fort au milieu du gué) . Cest le principe de la poussée dArchimède Le risque existe et est sérieux, des accidents mortels se sont produits. Le véhicule peut être emporté par le courant dune petite rivière. Dans cette situation le véhicule sallège et il devient impossible de sen sortir en deux roues motrices !!
Si telle situation de flottement se produit, la seule solution consiste à ouvrir une portière pour que leau sengouffre à lintérieure du véhicule et que donc, celui ci se repose sur ses roues grâce au poids de leau et retrouve ainsi de ladhérence.
La limite raisonnable se situe aux alentours de 50 à 60 cm. Au-delà ATTENTION ! !
Un autre aspect est à prendre en considération, le ventilateur.
Si le ventilateur se trouve complètement immergé, celui-ci peut sendommager ! Sous la forte pression alliée au nombre de tours minute du moteur, leau arrive jusquaux pales du ventilateur, ce qui peut les tordre vers lavant et crever le radiateur. On peut envisager, dans certains cas, de détendre sensiblement la courroie pour que celle-ci patine ou, si le gué est court, de déposer la courroie le temps de la traversée.
La disposition des organes mécaniques tels que le filtre à air ou léchappement peuvent aussi poser quelques problèmes. Leau peut être avalée par le filtre à air.
Si le véhicule cale, leau remonte très vite par léchappement jusquaux cylindres. ATTENTION :Il ne faut pas tenter de redémarrer le moteur dun véhicule « planté » au milieu dun gué, mais plutôt se faire treuiller. Lorsquelle est entrée dans le moteur leau qui est incompressible va violemment bloquer les pistons. Le risque de casse moteur est réel, surtout sur les moteurs diesel car les pistons montent très haut dans la chambre.
« Faire la vague »
Il faut pénétrer dans leau à faible vitesse pour prévenir un éventuel choc thermique et la solution consiste à avancer à une vitesse suffisante pour pousser devant la calandre une vague détrave, nécessairement suivie dun creux au niveau des roues avants, donc du moteur. Il faut garder une vitesse constante, sans à-coups, jusquà lautre extrémité de la rive. Lexercice consiste à ne pas aller trop vite pour ne pas évacuer leau par-dessus le capot du véhicule, et à ne pas aller trop doucement pour ne pas permettre à cette eau de sinfiltrer dans le compartiment moteur.
Bien-sûr, il ne faut jamais sarrêter.
Ça cest la théorie. Ce nest pas toujours possible et surtout facile à réaliser.
Quelques précautions bien utiles :
Si le terrain le permet, préparer un véhicule sur lune des berges, équipé de sangle, prêt à intervenir le plus rapidement possible pour dégager le véhicule planté. La sangle peut être directement fixée sur le véhicule franchissant le gué.
Le courant peut dévier la trajectoire du véhicule lors de la traversée. Il est judicieux quand cela est possible de traverser le gué ou la rivière en remontant le courant. Vers lamont. Ainsi il suffit de se laisser glisser vers laval pour retrouver le niveau du point de départ à la sortie du gué.
Un truc pour finir :
Leau sétant généralement infiltrée dans le moteur ; Il faut démonter les bougies dallumage (moteur essence) ou de préchauffage (moteur diesel) et évaluer la quantité deau présente. Si la quantité est faible, évacuer leau du moteur par des petits coups de démarreur. On peut également se faire tracter, bougies enlevées, pour faire fonctionner les pistons « à vide » et chasser leau.
Si la quantité deau est importante, il est nécessaire de la vider. On peut utiliser une pompe daspiration ou tout simplement une seringue munie dun tuyau..
Le moteur pourra redémarrer lorsquil ny aura plus deau dans les soupapes et que les organes électriques auront séché.